23/01/2015
_New Worlds Before the New Wave, 1960-1964_
New Worlds Before the New Wave, 1960-1964 : The Carnell Era, Volume Two: John BOSTON & Damien BRODERICK : 2013 : Borgo Press (série "Borgo Literary Guides" #17) : ISBN-13 978-1-4794-0041-6 : 395 pages (y compris index) : coûte une vingtaine d'USD pour un tp non illustré (type POD).

Comme son titre l'indique bien, ce volume est la suite de Building New Worlds des mêmes auteurs. D'un principe identique, il se penche sur les quatre dernières années de la revue sous l'égide de John Carnell (jusqu'au numéro 141) avant que celle-ci ne passe chez un autre éditeur et n'acquière un nouveau rédacteur en chef en la personne de Michael Moorcock.

D'une structure similaire au tome précédent, cet opus consacre presque un chapitre par année de parution, chapitres qui se décomposent de la même façon que précédemment. En "bonus" (conséquent avec ses 80 pages), Boston insère l'histoire complète de la revue Science Fiction Adventures (la version GB). Lui aussi dirigé par Carnell, ce titre commencera par être une sorte de BRE du titre américain homonyme. La fin rapide de la revue mère et les ventes correctes amèneront Carnell à poursuivre l'aventure en solo. De 1958 à 1963, il produira un total de 32 numéros d'une revue dont l'objectif était de fournir un point d'entrée dans le genre à des lecteurs néophytes (ou plus jeunes) en proposant des textes d'abord plus simple que New Worlds et confiés à peu près la même écurie d'auteurs. La plupart des textes parus dans SFA semblent avoir été d'une qualité assez faible (d'après Boston) et restent du coup généralement inédits ailleurs que dans la revue.

Note GHOR : 2 étoiles (comme le premier tome)
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19/01/2015
_Building New Worlds, 1946-1959_
Building New Worlds, 1946-1959 : The Carnell Era, Volume One : John BOSTON & Damien BRODERICK : 2013 : Borgo Press (série "Borgo Literary Guides" #16) : ISBN-13 978-1-4344-4587-2 : 390 pages (y compris index) : coûte une vingtaine d'USD pour un tp non illustré (type POD).

La revue New Worlds est sans doute la plus connue de toutes les revues britanniques (avec maintenant Interzone). Toutefois, cette célébrité est essentiellement due à sa relativement brève période passée sous l'égide de Michael Moorcock lors de la New Wave (en gros 1965-1969). Et pourtant, l'histoire de ce magazine est bien plus longue que ces quelques années, même si celles-ci sont cruciales dans l'évolution du genre. C'est cette histoire "complète" (par opposition à la seule période de la New Wave sur laquelle on trouve plus de matériau, par exemple ce titre) de la revue et de ses soeurs que John Boston (un critique amateur américain) et Damien Broderick (un spécialiste du genre australien à qui l'on doit plusieurs ouvrages de référence) nous racontent dans une série d'ouvrages dont celui-ci est le premier.

Basé sur une série de textes publiés électroniquement par Boston sur une liste de diffusion et (ce n'est pas très clair) sans doute retravaillés par Broderick, ce premier tome couvre donc les années 1946 à 1959, c'est à dire du No 1 au No 89 (le tout premier New Worlds, un fanzine, n'est pas traité). Après une introduction de Broderick, le livre est divisé en six chapitres de taille inégale (en fonction du nombre de numéros parus) qui couvrent généralement deux années. La structure de chaque chapitre est plus ou moins constante et passe en revue les diverses composantes de la revue (couverture, éditoriaux, lettres de lecteurs, articles, serials, nouvelles et même publicités) généralement par ordre d'auteur (les plus connus d'abord) puis par ordre chronologique (TOUS les textes sont résumés et évalués par Boston). Deux index (par auteurs et par titres) complètent l'ensemble.

Passé relativement inaperçu, sans doute à cause de son côté "amateur" (son auteur n'étant pas membre de l'université), cet ouvrage est un apport important dans l'étude de l'histoire de la SF "populaire" britannique après-guerre, un domaine jusqu'à présent assez peu étudié (par rapport à la même période outre-Atlantique) mais pour lequel on commence à sentir un frémissement au niveau des sources disponibles (voir aussi Harbottle en 2012). On ne peut en effet décemment réfléchir sur la SF britannique sans une connaissance minimale de l'apport de New Worlds (et des autres revues de Carnell) qui a tenu un rôle comparable à celui de Fiction en France à la fois comme berceau et comme facilitateur de l'émergence d'une SF locale face à la concurrence de la SF US importée par les diverses BRE (British Reprint Editions). Cette perspective ne peut s'acquérir de nos jours que par la lecture directe des revues concernés ou par la lecture d'un tel ouvrage. Si la première solution est toujours possible (mais chère, à maintenant une dizaine d'Euros le numéro), elle reste réservé à certains fanatiques dans mon genre ou à ceux ayant accès à des collections spécialisées, d'où l'intérêt de cet ouvrage exhaustif.

Même si le côté un peu répétitif de l'ouvrage (avec sa litanie de résumés d'intrigues usées et son recensement systématique de textes dont certains auraient sans doute gagnés à être oubliés) impose une lecture à petites doses, l'ensemble passe plutôt bien grâce à l'humour dont fait preuve Boston et à sa véritable empathie pour la revue. Il est certes parfois féroce pour certains auteurs (son rédacteur n'aime visiblement pas Bulmer par exemple) mais son analyse critique, même si elle est parfois peu développée, reste toujours pertinente et basée sur une grande connaissance du genre et de ses méandres. D'une façon prévisible, le livre est le plus intéressant quand il étudie l'évolution générale de la ligne éditoriale de la revue en parallèle de celle de Carnell puisque, au-delà des textes individuels, c'est elle qui aura une influence directe sur la SF britannique. Les gens pressés auront donc intérêt à pratiquer la lecture sélective d'un ouvrage qui ne se prend pas au sérieux mais qui apporte un éclairage rare sur un pan de la SF un peu négligé.

Note GHOR : 2 étoiles
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10/11/2014
_Science Fiction, Canonization, Marginalization, and the Academy_
Science Fiction, Canonization, Marginalization, and the Academy : Gary WESTFAHL & George SLUSSER (editors) : 2002 : Greenwood Press (série Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy #97) : ISBN-10 0-313-32064-0 : vi+182 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait 50 USD pour un hc non illustré sans jaquette.

Dans tous les genres littéraires, la formation du canon (en gros l'ensemble des textes importants et/ou significatifs et/ou remarquables) est un domaine de lutte permanente où chacun pousse ses pions ou essaye de faire avancer sa propre vision de la chose. En SF, comme ailleurs, les stratégies mises en oeuvre sont variables, allant de l'inclusion maximale (tout ce qui se passe demain est de la SF) à la légitimation historique ("la Bible, c'est de la SF") en passant par la ghettoïsation assumée (le fameux caniveau cher à Dena Brown). C'est à ces mécanismes, peu étudiés mais fondamentaux car ils conditionnent parfois l'exposition des novices au genre (voir par exemple l'influence exercée dans les pays par certaines anthologies quasi-officielles comme la série des Norton Book sur le choix des textes étudiés en classe) que s'intéresse ce recueil d'essais assemblés par les vieux routiers de l'ouvrage de référence que sont Westfahl et Slusser.

Après une introduction de Westfahl qui présente classiquement le projet du livre, celui-ci est divisé en trois parties contenant 13 essais de taille variable. La première section ("Science Fiction and the Academy") regroupe quatre essais sur la perception de la SF dans le monde académique. La deuxième partie ("Mechanisms of Canonization") étudie comment divers acteurs (comités de prix littéraire, anthologistes, revues académiques) essaient de définir le canon du genre. La dernière partie ("Case Studies in Marginalization", 5 essais) analyse des cas précis de marginalisation appliquée à des oeuvres de SF (entre autres Assemblers of Infinity d'Anderson & Beason, Stained Glass Rain de Boston et Count Zero de Gibson). Une bibliographie (primaire et secondaire) ainsi qu'un index complètent un ouvrage relativement court (160 pages de texte) dont les auteurs sont des habitués de ce type d'ouvrage (Shippey, McConnell, James, Miller, Evans, Mendlesohn ou Hendrix).

Le titre de l'ouvrage (très large) est probablement un peu ambitieux au vu du résultat. Le sujet est pourtant largement digne d'intérêt même s'il n'est pas particulièrement "sexy" : ce processus de sélection du canon est particulièrement complexe (il se passe même parfois à un niveau quasi-inconscient) et fait intervenir des acteurs parfois peu connus des lecteurs de base. C'est ici que la structure même du livre est un handicap parce que, dans sa diversité de voix, de niveaux d'analyse et même de stratégies, elle ne permet pas vraiment au lecteur d'appréhender un phénomène aussi diffus et avec une telle multiplicité d'acteurs. Un ouvrage plus synthétique (et rédigé entièrement par les mêmes auteurs) aurait sans doute mieux permis de cerner le processus.

Mais nous avons donc une collection d'essais par diverses plumes qui au mieux, ne couvre qu'un des pans du phénomène (même si Shippey est sans doute celui qui prend plus de hauteur). On oubliera bien vite les choses largement hors-sujet (McConnell faisant comme d'habitude son brillant petit numéro ou le couplet maintes fois rabâché sur les minorités dans la SF) pour se concentrer sur les essais les plus intéressants pour l'amateur qui veut savoir comment évolue (ou comment on fait évoluer) le genre. Dans cette catégorie, on lira avec plaisir James sur les coulisses du A. C. Clarke Award, Miller sur l'anthologie The Norton Book of Science Fiction (IIRC Gary K. Wolfe a aussi été assez critique sur les arrière-pensées de ce volume) ou l'article d'Evans sur les revues académiques du domaine. La dernière partie (les exemples) est sans doute la plus faible parce qu'elle ne s'insère parfois que difficilement dans le projet de l'ensemble. Pour conclure, il s'agit quand même d'un ouvrage plutôt cher (mais c'est normal avec cet éditeur spécialisé) qui aurait sans doute gagné à être plus "dirigé" (voire même parfois recentré). Il contient de bons essais mais ce n'est pas encore l'ouvrage définitif sur le sujet.

Note GHOR : 2 étoiles
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06/11/2014
_Science Fiction Voices_ (#1,2,3 &4)
Science Fiction Voices #1 : Darrell SCHWEITZER : 1979 : Borgo Press ("The Milford Series" #23) : ISBN-10 0-89370-233-1 : 63 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûtait 3 USD pour un tp non illustré (existe aussi en hc -133-5).

Science Fiction Voices #2 : Jeffrey M. ELLIOTT : 1979 : Borgo Press ("The Milford Series" #25) : ISBN-10 0-89370-237-4 : 62 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûtait 3 USD pour un tp non illustré (existe aussi en hc -137-8).

Science Fiction Voices #3 : Jeffrey M. ELLIOTT : 1980 : Borgo Press ("The Milford Series" #29) : ISBN-10 0-89370-243-9 : 64 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûtait 3 USD pour un tp illustré (photos des auteurs interviewés) qui existe aussi en hc (-143-2).

Science Fiction Voices #4 : Jeffrey M. ELLIOTT : 1982 : Borgo Press ("The Milford Series" #33) : ISBN-10 0-89370-248-X : 63 pages (pas d'index ni de bibliographie) : coûtait 3 USD pour un tp illustré (photos des auteurs interviewés) qui existe aussi en hc (-148-3).

Cet avis groupé concerne les quatre premiers titres de la série Science Fiction Voices (le cinquième est évoqué ici). C'est un ensemble d'interviews d'acteurs (puisqu'en plus des auteurs il y a un rédacteur en chef et un illustrateur) du genre datant de la fin des années 70. La plupart des textes sont initialement parus sous des formes plus ou moins différentes dans divers magazines et fanzines.

La structure de chaque ouvrage est constante : une préface de l'auteur, une introduction d'une "guest star" (AEVV, Lupoff ou Gallun) et un certain nombre d'interviews (de 7 à 4, le nombre diminuant au fil des livraisons avec pour corollaire une augmentation de la longueur unitaire). Pour mémoire, la liste des interviewés est la suivante : Sturgeon, Bester, Pohl, Gunn, Leiber, Clement & De Camp pour le #1; Brabbury, Niven, Van Vogt, Anderson & Silverberg pour le #2; Pournelle, Ellison, Gerrold, Benford & Lupoff pour le #3; Hornig, Shaw, Freas & Stableford pour le #4. On déplorera l'absence systématique d'index.

Au vu des dates de réalisation des entretiens (il y a largement plus d'une trentaine d'années), il est évident que le seul intérêt d'une telle série d'ouvrages de nos jours ne peut qu'être qu'à des fins de recherches historiques ou dans le cadre de l'étude de la carrière d'un auteur précis. Si pour certains (les plus prolixes) ces interviews n'offrent qu'une plus-value limité, il y a dans cet ensemble des voix que l'on a moins l'habitude d'entendre (celles des auteurs présents dans le tome 3) et d'autres qui peuvent nous apporter une vision différente (je pense à celle d'Hornig qui permet de voir l'envers du décor des pulps). Il faut donc "faire son marché" dans cette série pour l'exploiter pleinement.

Note GHOR : 2 étoiles
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24/10/2014
_Science Fiction : Ten Explorations_
Science Fiction : Ten Explorations : C. N. MANLOVE : 1986 : Macmillan : ISBN-10 0-333-36919-X : x+249 pages (y compris index et bibliographie) : A aussi été publié par les Kent State University Press (ISBN 0-87338-326-5) à 22.50 USD pour un hc non illustré avec jaquette.

Illustré par une couverture d'un certain Ron Mercer qui n'est qu'un plagiat d'une oeuvre de Chris Foss, cet ouvrage est dû à la plume de Colin Manlove, un universitaire écossais qui est plutôt un spécialiste de la Fantasy. Le projet du livre est évoqué par l'auteur dans son introduction où il déplore l'absence de véritables critiques de la science-fiction sous l'angle de la fiction (par opposition à des études plus centrées sur les messages -ou supposés tels- véhiculés par les oeuvres), ce qui, dans son esprit, implique un format plus conséquent qu'une simple notule ou qu'un résumé de l'intrigue.

Après une assez longue introduction, l'auteur déroule donc son projet en analysant exactement dix oeuvres (comme l'indique le titre) sur une vingtaine de pages chacune. Pour son échantillon, Manlove a choisi des romans : Dune (Herbert), To Your Scattered Bodies Go (Farmer), Radix (Attanasio), Rendezvous with Rama (Clarke), Shakespeare's Planet (Simak); des fix-ups : Hothouse (Aldiss), Nightwings (Silverberg); des ensembles romanesques : Foundation (Asimov), Book of the New Sun (Wolfe) ainsi qu'un recueil de nouvelles : Alternating Currents (Pohl). A noter que seul l'essai sur Wolfe n'est pas inédit. L'ouvrage se termine par une conclusion, de copieuses notes, une bibliographie secondaire et un index.

A la lecture de ce recueil d'essais on ne peut qu'être d'accord avec la position de Manlove. Ce format (des textes assez longs mais centrés sur une oeuvre) est plutôt satisfaisant. Il permet en effet une analyse en profondeur de la fiction en elle-même (et non comme partie d'un mouvement ou d'une phase créative précise de l'auteur). Le mix entre résumé de l'intrigue, éléments de contexte (sur l'auteur ou sur le genre) et approfondissement d'une thématique est réussi et donne des essais agréables à lire et qui peuvent même nous faire voir des textes connus sous un éclairage nouveau. De plus, l'auteur s'appuie avec beaucoup de pertinence sur sa copieuse bibliographie secondaire afin d'enrichir son discours.

En ce qui concerne les titres les plus connus (ou les plus étudiés) comme ceux d'Asimov, Herbert ou Wolfe, il est vrai qu'il est parfois difficile d'échapper à une certaine impression de "déjà-lu" (comme l'habituelle discussion sur la localisation de la seconde fondation ou le fait que Urth soit ou non notre Terre). C'est pourquoi certains des choix de Manlove sont particulièrement bienvenus (on pensera à Attanasio, Silverberg ou Pohl) même si la qualité intrinsèque des oeuvres (ou leur taille dans le cas des nouvelles) peut parfois un peu limiter la portée ou les possibilités de l'analyse. Au final, un ouvrage assez peu connu mais qui ne manque pas d'intérêt malgré (ou à cause de) sa structure disjointe.

Note GHOR : 2 étoiles
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